Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /Juin /2009 12:53

Népal - Kathmandu   

Relativite nepalaise 

Le Nepal est beau, magnifique, attachant. Mais il necessite une petite initiation si vous voulez en comprendre toutes les subtilites.


C'est d'autant plus flagrant lors d'un trek. Les Nepalais sont un peuple de marcheurs ; la difficulte n'est pas vecue de la meme facon. Osez demander comment est la route jusqu'a la prochaine etape : "Almost flat" (plutot plat) = ne soyez pas etonnes si sa monte et ca descend tout au long du trajet. On vous dit que ca monte "un peu" ? Attendez-vous a cracher vos poumons et a en chier. Combien de temps pour rejoindre le village ? 2 heures 30. Comptez 4 heures ! Ca marche vite, un Nepalais des montagnes.
La lodge a-t-elle l'eau chaude ? Bien sur ! et on vous offre genereusement un baquet avec 3 litres d'une eau a peine tiede. Et la salle de bain, parlons-en. Elle peut se resumer a une cabane bien ventillee avec 4 planches et aucune autre evacuation pour l'eau autre que le plancher.


Mais le plus subtil, c'est quand vous demandez si le bus ou l'avion part bien demain. Au Nepal, on n'est jamais sur de rien. Alors on vous repond "Yes, sure...may be. May be surely !" Nous, on y a cru jusqu'a 1 heure 30 apres l'heure prevue du depart. Puis le vol a ete annule. Mais on avait quand meme enregistre les bagages.
Au Nepal, on ne sait jamais. Il faut faire ses propres experiences... et son propre avis. Notamment pour les gouts alimentaires et plus particulierement la categorie friandises. Certaines ont la texture de materiel de construction et un gout de parfum pour homme qui vous reste 3 heures dans la bouche. Ou cette pate de fruits dont raffolent les enfants, extremement salee et épicee, avec un arriere-gout de viande sechee. Ou encore ces petits cubes de fromage tellement durs que pendant les 10 mn que j'ai tente de les mastiquer, je me suis demandee si c'etait vraiment comestible.
Mais de l'avis d'un Nepalais "It is very good " !



Népal - Tour des Annapurnas

Annapurnas, orgie des yeux

Bon, soyons honnetes, c'est pas non plus une preparation militaire, ce trek. Avec comme credo "le plaisir d'abord", on peut dire qu'on a ete gates. Tout d'abord par les paysages qui se succedent : des cultures en terrasse dans un camaieu de verts, des forets de pins (petite pensee pour papa et les frangins !), des hauts sommets, et pas n'importe lesquels (petite pensee pour Olive). Tout au long du trek, le torrent Mayarsagandi nous suit, changeant, tantot tumultueux, tantot calme, vert jade laiteux ou emeuraude.
On traverse quantite de villages d'influence tibetaine aux maisons en pierre, aux moulins a priere marquant l'entree des villages
et aux petits chorten (monuments boudhistes). Bien que tres touristique, cette partie du Nepal a su garder une certaine authenticite. On la retrouve dans les costumes, dans les modes de vie, les visages austeres sur lesquels se lit toute la rudesse d'une vie passee a plus de 3.000 metres d'altitude.
Ce trek est un emerveillement de chaque jour. Tout d'abord la beaute des paysages. On cotoie des somments a pres de 8.000 don
t les noms chatouillent notre imaginaire - Annapurnas, Pisang Peak, Gangapurna. On decouvre aussi la vie locale. Avant d'etre largement utilises pour les expeditions himalayennes, les porteurs (improprement appeles sherpas), assuraient le ravitaillement des zones reculees. Ca n'a pas change. Ces personnages de la montagne forcent le respect. Ils sont capables de porter des charges atteignant 70 kg et j'en ai vu transporter un chargement de 10 tubes de metal de 2 m chacun. La negociation des virages etait ardue. Un trek au Nepal, c'est aussi des conditions de vie tres simples : une douche consistant en une cabane avec 3 litres d'eau presque chaude (qu'on evite de prendre car peu ecologique), un eclairage a la bougie pour cause de penurie d'electricite (ca fait des ambiances plus intimes), une chambre a 5 degres bien ventilee... Mais tout ca on s'en fout, on s'en accomode, les moments passes ici etant tellement magiques et les paysages au combien grandioses. Et puis il y a les petits privileges qui valent plus que le materiel : discuter avec des moines boudhistes censes avoir fait voeux de silence, se delecter des gateaux qu'ils ont pris sur l'autel des offrandes et etre les uniques spectateurs de leur messe du soir dans un monastere vieux de 5 siecles. Se faire un pique-nique au bord d'un lac, au pied des Annapurnas, avec le Pisang peak en toile de fond et se delecter d'un repas - frugal mais au combien delicieux - compose de chapati (galette locale) et de fromage au lait de yak (petite pensee pour Sylvia et Pascal).

 Savourer cet instant.
Et la, on se dit que les Hilton, les Fouquets, les jaguars et les diamants, on s'en fout et qu'on echangerait pas sa place pour tout l'or du monde ... meme si une odeur chargee ne venant pas du fromage nous fait bien comprendre qu'une douche serait la bienvenue !

 


Népal - Lumbini

Petite histoire de Bouddha à ma façon

Avant d'etre un bouddha, autrement dit un illumine (ca ne s'invente pas !), Siddartha Gautham n'etait "que" fils de roi. Il est ne a Lumbini, au Nepal. Sa mere, Maya Devi, s'y est arretee en chemin, enceinte car elle voulait accouche chez ses parents. Elle est charmee par ce jardin, son bassin et ses manguiers. Elle prend un bain (a cette epoque l'eau ne devait pas etre aussi sale...) et accouche accrochee a la branche d'un arbre. A peine sorti du ventre de sa mere, il marche sur l'eau et sous chacun de ses pas, une fleur de Lotus fleurie.

L'histoire commence. Le petit Siddartha vit dans son palais royal ou son pere prend soin qu'il ne voit aucune des souffrances de ce monde. Une nuit, il sort et rencontre un malade, un vieillard, un mort. S'etonnant de l'etat de ces personnes, son fidele serviteur lui explique que c'est notre lot a tous et que nous devons tous en passer par la. Visiblement, il ne se satisfait pas de l'explication. Il rencontre aussi un saddhu qui n'a rien et pourtant semble le plus heureux des hommes. Une nuit, il quitte femme et enfant et s'en va trouver le moyen d'eviter de tels malheurs. Des brahmanes lui conseillent de mediter en s'abstenant de toute nourriture ou boisson. Apres plusieurs semaines de jeune, il devient faible et tres maigre. Ce n'est pas du tout ce qu'il attendait. Il rompt le jeune. Apres 6 semaines passees sous un arbre a mediter, il a LA revelation, et comprend que toutes nos souffrances proviennent de nos desirs et de notre attachement aux choses materielles. Il devient un bouddha, un "illumine". Tout content, il s'en va le dire a 5 potes. Il passera sa vie sur les routes de l'Inde a delivrer son message. Vous connaissez la suite. Il meurt a l'age canonique de 80 ans.

Siddartha n'est pas le 1er bouddha et beaucoup ont ete illumines apres lui. Il dit meme que chacun de nous peut etre un bouddha. Vous savez maintenant comment faire. Je ne connais pas de buddha, mais des illumines, ca....


Népal - Kathmandu

Ma petite revolution

Hier, je marchais daqns la rue quand j'ai ete arretee par une manifestation pour la democratie et le respect des droits de l'homme. Etant un peu frustree de ne pas participer a la manif contre le CPE et bruler ma propre voiture, je m'asseois avec eux. Solidarite avec le peuple nepalais. J'avoue que je ne faisais pas la fiere face a l'armee qui se tenait en face, vu qu'un mlitaire du Nepal ou d'ailleurs n'est pas connu pour sa finesse et son discernement, mais surtout ils sont plus nombreux que nous. Et puis, ils avaient de grosses armes...


Le Nepal connait depuis
1996 une periode de troubles et meme une guerilla. Elle est menee par les maoistes qui reclament la decmocratie, l'election d'une assemblee parlementaire et la redaction d'une nouvelle constitution. Bref, que le roi cede un peu de ses pouvoirs. La situation a empire avec le nouveau roi, lequel a accede au pouvoir apres le massacre de son frere alors regnant et de toute sa famille. Massacre qu'il a lui-meme fomente, heritant ainsi du pouvoir, des richesses, devenant ainsil'un des hommes les plus riches du monde (dans un pays des plus pauvres ou un enfant meurt toutes les 10 mn de malnutrition). Difficile d'avoir confiance dans ce monarque tout puissant qui s'est abroge les pleins pouvoirs en fevrier 2005. Ils devaient lui en manquer quelques-uns.

Et les maoistes, la solutions ? On doit leur reconnaitre d'avoir le courage de se battre pour le plus pauvres, les plus faibles, meme si les moyens sont contestables. Au debut, le conflit touchait les representations officielles du pouvoir et l'armee. Mais on observe depuis 5 ans une derive quant au choix des victimes. La population est de plus en plus touchee. Pour exemple, cet instituteur executé de devant sa famille et ses élèves. L'armee n'est pas en reste. Ainsi, les media relatent le cas de jeunes filles retrouvees mortes, soupconnees de participer à des activites revolutionnaires.
A côté de cela il y a le lot des greves nationales, plus subies que soutenues par les Nepalais. De toutes facons, ils n'ont pas le choix. Blocus national.

Et moi ? Je repete a l'envi et pernitieusement que nous, notre roi, on l'a decapité...



Népal - Kathmandu

Monastere et orphelinat au pays de Bouddha

15 jours passes dans un orphelinat (celui de Linh Son) au sein d'un monastere buddhiste m'ont fait prendre conscience de 2 choses : la vie monastique n'est pas faite pour moi et les enfants, c'est fatigant.

Bloquee a Lumbini (frontiere nepalaise) pour cause de greve nationale, je decide de faire un peu de benevolat au sein d'un orphelinat. Les enfants ont de 5 a 15 ans, 10 filles, 12 garcons, plus attachants les uns que les autres.
Il y a cuty (une adorable poupee de 5 ans), ladybird, sweety, l'astiaou (la version nepalaise de mon neveu Romain), Spiderman (qui a un gout prononc
e pour les araignees et les fait rebondir tel un yoyo ou les tient par le fil comme on promene un chien en laisse). Moi, je suis "Sister" et tout le monde m'appelle comme ca.
Mais ne vous y trompez pas, jouer toute la journee, c'est fatigant. Levee a 5 heures 30, la journee commence a 6.00 avec l'aide aux devoirs. Quand ils ne vont pas a l'ecole, la journee est divisee en des temps de jeux et des temps de travail. Je leur apprends la marelle, colin-maillard, le pendu, 1-2-3 soleil et autres jeux. La vie s'organise autour du puit qui sert pour tout et notamme
nt pour se doucher. L'eau froide c'est sain, tres sain et passee la 1ere glaciation, on s'habitue. De tout facon, la vie ici est simple, tres simple, peu de confort mais l'essentiel, a commence par les valeurs : partage, solidarite, honetete, travail. J'apprends aussi a me regaler d'un bon plat de riz avec lentilles au petit dej'.

L'orphelinat est tenu par Baba, moine buddhiste a la main de velour dans un gant de fer pour faire regner l'ordre et la discipline. Mais je ne l'ai jamais vu aussi rayonnant que lorsqu'il emmene les enfants faire les boutiques pour les
recompenser de leurs bons resultats ou quand on fait une sortie avec le J27 (une simple Jeep dans laquelle on entasse 22 enfants et 5 adultes !). Baba qui joue au pere noel, ca fait plaisir de le voir aussi heureux que les gosses. Cet homme est cense se consacre a la construction de son monastere et a sa vie religieuse mais il est trop pris pas ses activites sociales : ouverte d'un hopital gratuit, distribution mensuelle de riz, dons de 40 rikhsaw, construction d'un nouvel orphelinat pouvant accueillir 70 enfants.
Baba, c'est l'abbe Pierre de Lumbini.
Par Pascale Duclos - Publié dans : carnets de voyage
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Qui je suis

Une autre expérience du Népal

  • durbar-Square - katmandou
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus